L’essentiel à retenir
- Les racines de l’olivier restent surtout dans les 60 à 80 premiers centimètres de sol, mais s’étendent largement sur les côtés : mieux vaut garder ses distances d’un mur ou d’une canalisation.
- La taille se pratique idéalement en fin d’hiver, hors gel, avec un sécateur propre et affûté — jamais en pleine sève ni juste avant un coup de froid annoncé.
- Un olivier qui stagne après une transplantation met souvent une à trois saisons à repartir vraiment : c’est le temps que prennent les racines pour se réinstaller.
- Une taille sévère ou un problème qui persiste malgré ces gestes mérite l’avis d’un pépiniériste ou d’un paysagiste, plutôt qu’une improvisation.
Il y a quelque chose de particulièrement apaisant dans la silhouette tourmentée d’un olivier : ce tronc noueux qui semble avoir traversé les décennies, ce feuillage argenté qui frémit à la moindre brise. Je comprends tout à fait qu’on ait envie d’en installer un dans son jardin, même loin de la Provence ou de l’Italie — j’ai moi-même longtemps hésité avant d’en planter un en pleine terre, après l’avoir gardé plusieurs années en pot sur une terrasse exposée plein sud. C’est un arbre qui inspire confiance : on l’imagine increvable, presque indifférent aux saisons. La réalité est un peu plus nuancée. Un olivier a des besoins précis — sur ses racines, sur le moment où on le taille, sur ce qu’il traverse après une transplantation ou un hiver rigoureux — et les ignorer explique la plupart des soucis qu’on me raconte : un arbre qui stagne, qui peine à pousser, ou qui ne repart pas après un coup de froid. Voici ce que j’ai appris, entre mes propres essais et ce que m’ont expliqué les pépiniéristes que j’ai pu questionner au fil du temps.
Comprendre les racines de l’olivier

On imagine souvent les racines d’un olivier comme un pivot profond, à l’image d’un chêne. C’est une idée assez répandue, et elle est en grande partie fausse. Le système racinaire de l’olivier est surtout traçant : il se développe davantage en largeur qu’en profondeur, avec une masse de racines fines concentrée dans les 60 à 80 premiers centimètres de sol. C’est une adaptation logique pour un arbre originaire de régions où l’eau de surface, après une pluie, doit être captée rapidement avant de s’évaporer. En contrepartie, ce même système peut s’étendre latéralement bien au-delà de l’aplomb du feuillage, parfois sur plusieurs mètres, à la recherche d’humidité.
Un système racinaire étalé plus que profond
Cette architecture explique pourquoi un olivier plutôt jeune ancre encore mal certains sols meubles, et pourquoi il tolère assez bien le calcaire ou les terres pauvres là où d’autres arbres renonceraient. Elle explique aussi une partie de sa réputation de résistance à la sécheresse : les racines superficielles captent la moindre pluie, tandis que quelques racines plus profondes, moins nombreuses, vont chercher une réserve d’eau plus stable. Ce n’est pas un hasard si un olivier planté dans un sol trop souvent détrempé développe davantage de soucis qu’un olivier planté dans un sol sec et drainant : ses racines ne sont simplement pas conçues pour rester longtemps dans l’eau stagnante.

Racines et fondations : quelle distance garder
Faut-il s’inquiéter de planter un olivier près d’une fondation ou d’une terrasse ? Comparé à d’autres essences réputées envahissantes (peuplier, saule, certains érables), l’olivier n’est pas considéré comme un arbre particulièrement agressif pour le bâti — mais il reste un arbre, avec des racines qui grossissent en même temps que le tronc. La règle communément admise reste prudente : garder une distance au moins équivalente à la hauteur adulte attendue de l’arbre entre le tronc et un mur porteur, et davantage encore sur un sol argileux, sujet au phénomène de retrait-gonflement qui fragilise déjà les fondations en période de sécheresse. Un olivier planté à trois ou quatre mètres d’une façade, sur un sol ordinaire, ne pose en général pas de problème particulier ; plus près, mieux vaut se renseigner avant de planter plutôt qu’après.
Racines et canalisations : un risque réel, souvent exagéré
Même logique du côté des canalisations enterrées : une racine ne « cherche » pas une fuite par instinct, mais elle colonise volontiers une zone où l’humidité est déjà présente en permanence, ce qui arrive justement autour d’une canalisation légèrement poreuse ou déjà fissurée. Le risque existe donc surtout lorsque le réseau est ancien ou déjà fragilisé, bien plus que par la seule proximité d’un olivier sain. Avant toute plantation à moins de quelques mètres d’un réseau enterré, je vous conseille de vérifier son tracé exact — c’est gratuit et ça évite bien des mauvaises surprises, aussi bien pour vos tuyaux que pour les racines de l’arbre lui-même en cas de travaux ultérieurs.
💡 Astuce — Avant de creuser à proximité d’un olivier déjà en place ou de planter un nouveau sujet près d’un réseau enterré, vous pouvez localiser gratuitement les canalisations de votre terrain via le portail officiel des réseaux enterrés.
Dans un jardin de style méditerranéen, l’olivier s’accompagne souvent bien d’autres plantations qui partagent son goût pour le soleil et un sol drainant — les rosiers en font partie, et j’ai découvert en creusant le sujet pourquoi la rose reste une valeur sûre dans ce type d’association, à condition de ne pas la planter trop près du pied de l’arbre pour éviter la concurrence racinaire.
Quand et comment tailler un olivier sans le fragiliser

La taille de l’olivier intimide souvent parce qu’on imagine qu’il faut sculpter l’arbre comme un topiaire. En réalité, la logique est plus simple : on cherche surtout à laisser entrer la lumière et l’air au centre de l’arbre, et à retirer le bois qui ne sert plus à rien. Un olivier qu’on ne taille jamais devient dense, sombre en son centre, et produit de moins en moins de belle végétation à l’intérieur du houppier — un peu à l’image d’une pièce qu’on n’aère jamais.
La bonne période et le bon geste
La période la plus sûre se situe en fin d’hiver, une fois les plus grosses gelées passées mais avant le redémarrage de la sève et la floraison — dans la plupart des régions françaises, cela correspond à la fin février, mars, parfois début avril selon le climat local. Tailler trop tôt expose les nouvelles coupes à un gel tardif ; tailler trop tard, en pleine sève, fragilise inutilement l’arbre. Côté outils, un sécateur propre, affûté et désinfecté entre deux arbres suffit dans l’immense majorité des cas : la scie reste réservée aux très grosses branches, car elle inflige des coupes plus larges et plus longues à cicatriser.
- Un sécateur bien affûté, pour des coupes nettes qui cicatrisent plus vite
- Une petite scie égoïne, réservée aux branches de plus de 3 à 4 cm de diamètre
- Un désinfectant (alcool à 70° suffit) pour nettoyer la lame entre deux arbres
- Des gants épais, l’écorce de l’olivier n’étant pas toujours tendre

Tailler un jeune olivier pour le former
Sur un jeune olivier, mieux vaut résister à l’envie de tailler dès la première année : laissez-le d’abord s’installer, ses racines ont besoin de toute l’énergie disponible pour se développer. La taille de formation démarre en général une fois que l’arbre a pris un peu de vigueur, souvent vers trois ou quatre ans, quand le tronc atteint environ un mètre de hauteur. L’objectif est alors de dégager le bas du tronc sur une soixantaine de centimètres, en retirant les branches basses et les rejets qui partent depuis la souche, pour construire une charpente aérée plutôt qu’un buisson touffu.
- Repérer d’abord le bois mort, cassé ou qui se croise avec une autre branche
- Retirer les rejets et gourmands qui partent de la base du tronc
- Dégager le centre de l’arbre pour laisser entrer la lumière
- Raccourcir légèrement les branches trop longues, sans excéder un tiers du volume
- Désinfecter les outils entre deux arbres pour limiter la propagation de maladies

Taille sévère : ce qu’elle implique vraiment
La taille sévère — parfois appelée recépage lorsqu’elle consiste à rabattre l’arbre presque au tronc — s’utilise pour redonner de la vigueur à un olivier très vieilli, mal formé, ou abîmé par un accident. C’est une intervention lourde, qui prive l’arbre d’une grande partie de son feuillage d’un coup, et qui demande de bien connaître la réaction de l’espèce pour ne pas le mettre en danger. Ce n’est pas un geste que je recommande d’improviser soi-même sur un arbre qui compte pour vous : au-delà d’une taille d’entretien classique, l’avis d’un pépiniériste ou d’un paysagiste évite bien des regrets, surtout sur un sujet ancien ou déjà fragilisé.
La taille la plus utile est souvent la plus légère : mieux vaut intervenir un peu chaque année que rattraper d’un coup plusieurs saisons de négligence.
En vidéo : la démonstration de Jardinerie PLANFOR détaille bien le geste, de la préparation des outils au choix des branches à retirer.
Pour aller plus loin sur le matériel et les gestes propres à cet arbre, l’interprofession française de l’olive détaille les outils recommandés pour la taille de l’olivier, une base utile si vous voulez affiner votre pratique au fil des saisons.
Pourquoi mon olivier ne pousse pas (ou ne repart pas)

C’est sans doute la question qu’on me pose le plus souvent : « j’ai un olivier qui ne pousse pas, que faire ? ». Avant de chercher une cause dramatique, il faut d’abord se rappeler que l’olivier est un arbre lent par nature, surtout dans ses premières années. Ce qui ressemble à un blocage est parfois simplement… le rythme normal de l’espèce. Cela dit, plusieurs situations concrètes expliquent une croissance vraiment à l’arrêt.
- Un choc de transplantation : l’arbre concentre son énergie à reconstituer ses racines fines avant de produire de nouvelles pousses visibles
- Un hiver difficile : un gel marqué peut endommager le bois sans que ça se voie tout de suite, la reprise se fait alors plus lentement au printemps suivant
- Un arrosage mal ajusté : trop d’eau stagnante autour des racines, ou au contraire un manque prolongé les premières années
- Un sol trop pauvre ou trop compact, qui limite la capacité des racines à s’étaler normalement

Après une transplantation : le temps de la reprise racinaire
Déplacer un olivier, même avec soin, coupe forcément une partie de ses racines fines. L’arbre doit donc reconstituer ce réseau avant de pouvoir soutenir une nouvelle croissance aérienne — un peu comme on privilégierait le repos avant l’effort après une blessure. Pendant cette période, qui dure souvent une à trois saisons selon la taille de l’arbre et la qualité de la reprise, il est normal que le feuillage stagne, voire jaunisse légèrement, sans que ce soit le signe d’un échec. J’ai moi-même paniqué en voyant un olivier fraîchement transplanté ne montrer aucun signe de vie pendant près d’un an, avant qu’il ne reparte franchement au printemps suivant.
Un olivier qui ne pousse pas n’est pas forcément un olivier qui meurt : c’est souvent un olivier qui attend que ses racines retrouvent leurs marques.
Après un hiver difficile : gel et dégâts progressifs
L’olivier supporte bien le froid sec et modéré, nettement moins un gel humide ou prolongé, surtout sur un sujet jeune ou en pot. Les dégâts d’un hiver rigoureux ne sont pas toujours visibles immédiatement : le bois peut être atteint en profondeur sans que l’écorce ne trahisse grand-chose avant le printemps, quand l’arbre tente de redémarrer sa croissance et n’y arrive que partiellement. Si une partie du feuillage roussit ou tombe après un épisode de gel marqué, mieux vaut attendre le retour des beaux jours avant de tailler quoi que ce soit : on distingue bien plus facilement le bois mort du bois vivant une fois la sève repartie.
Arrosage, sol, lumière : les autres causes fréquentes
Un peu comme pour un crassula qui stagne en intérieur, l’excès d’eau reste l’une des causes les plus fréquentes de blocage chez l’olivier, en particulier en pot ou dans un sol lourd qui draine mal : les racines finissent par manquer d’oxygène et l’arbre cesse tout simplement d’investir dans de nouvelles pousses. À l’inverse, un manque d’eau prolongé pendant les deux ou trois premières années après la plantation ralentit tout autant l’installation des racines. La lumière compte aussi énormément : un olivier planté à l’ombre partielle d’un mur ou d’un autre arbre pousse presque toujours plus lentement qu’un sujet en plein soleil, sans que ce soit pour autant une maladie.
Aider l’olivier à repartir : gestes et limites

Quand on cherche comment faire repartir un olivier, l’envie est souvent d’agir vite et fort — tailler davantage, arroser plus, ajouter de l’engrais. C’est presque toujours contre-productif. Un arbre affaibli a d’abord besoin qu’on le laisse tranquille et qu’on corrige la cause du blocage, plutôt qu’on multiplie les interventions.
Les gestes qui aident réellement
Commencez par vérifier le drainage autour du pied : si la terre reste détrempée plusieurs jours après une pluie, il vaut mieux alléger le sol ou, en pot, s’assurer que l’eau s’évacue vraiment plutôt que de stagner dans une soucoupe. Espacez ensuite les arrosages pour laisser la terre sécher en surface entre deux apports, l’olivier tolérant beaucoup mieux un peu de sécheresse qu’un excès d’humidité permanent. Un paillage léger au pied de l’arbre protège les racines superficielles des écarts de température, sans les étouffer si vous laissez un peu d’air circuler près du tronc. Et surtout : observez avant d’intervenir à nouveau. Le vivant ne se force pas, il se réajuste avec un peu de patience.

Quand une taille sévère ou un problème persistant dépasse l’amateur
Je ne suis pas botaniste, et je préfère le dire clairement plutôt que de prétendre avoir une réponse toute faite à chaque situation. Si votre olivier ne montre toujours aucun signe de reprise après deux saisons complètes de soins attentifs, si le tronc présente des zones de bois mort étendues, ou si vous envisagez une taille sévère sur un arbre ancien ou de grande taille, le geste le plus raisonnable reste de consulter un pépiniériste ou un paysagiste. Ces professionnels savent distinguer un simple ralentissement d’un vrai dépérissement, et une taille de rattrapage mal exécutée peut parfois aggraver la situation d’un arbre déjà fragile plutôt que l’aider.
| Situation | Période conseillée | Geste principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Jeune olivier (formation) | Fin d’hiver, hors gel | Dégager le tronc, construire la charpente | Ne pas tailler la 1ʳᵉ année après plantation |
| Olivier adulte en pleine terre | Mars-avril, hors gel | Aérer le centre, retirer le bois mort | Ne jamais dépasser un tiers du volume |
| Olivier en pot | Idem, souvent un peu plus tard | Limiter la hauteur, aérer légèrement | Vérifier le drainage avant d’intervenir |
| Olivier fragilisé (gel, transplantation) | Attendre un signe de reprise | Retirer seulement le bois clairement mort | Patienter au moins une saison entière |
| Taille sévère / recépage | Cas extrêmes uniquement | Intervention lourde | Avis d’un professionnel recommandé |
Envie de prolonger la balade au jardin ?
Découvrir le portrait du chrysanthème santiniFAQ : tailler et faire repartir un olivier
Quand tailler un jeune olivier ?
Laissez-le d’abord s’installer une à deux saisons après la plantation, le temps que ses racines se développent. La taille de formation démarre ensuite en fin d’hiver, hors gel, en dégageant simplement le bas du tronc et les rejets à la base.
Comment tailler un olivier en pot ?
Les mêmes principes s’appliquent, avec un peu plus de prudence : la période idéale est souvent légèrement plus tardive qu’en pleine terre, car les racines en pot subissent davantage les écarts de température. Vérifiez aussi le drainage du contenant avant toute intervention.
Les racines de l’olivier peuvent-elles abîmer une canalisation ou une fondation ?
Le risque existe mais reste modéré comparé à d’autres essences : les racines colonisent surtout une zone déjà humide, comme autour d’une canalisation fragilisée. Par prudence, gardez une distance raisonnable d’un mur ou d’un réseau enterré, en particulier sur un sol argileux.
Mon olivier a des feuilles mais ne pousse pas, pourquoi ?
Un feuillage présent n’exclut pas une croissance à l’arrêt : c’est souvent le signe d’un arbre qui consacre son énergie à ses racines plutôt qu’à de nouvelles pousses, surtout après une transplantation récente. La patience reste le meilleur allié dans ce cas.
Combien de temps faut-il pour qu’un olivier reparte après un problème ?
Cela dépend beaucoup du climat, du sol et de la gravité du choc initial, mais on observe souvent une reprise franche entre une et trois saisons de croissance. Si rien ne bouge au-delà, l’avis d’un professionnel permet d’écarter un problème plus sérieux.
Quelles plantes associer à un olivier au jardin ?
Les plantes qui aiment le plein soleil et un sol bien drainé s’accordent naturellement avec un olivier : c’est le cas de l’œillet ou de l’alstroemeria, à planter à bonne distance du tronc pour ne pas concurrencer ses racines superficielles.









