L’alstroemeria, fleur de l’amitié : portrait et entretien

Notez cet article

Avec ses tiges légèrement torsadées et ses pétales délicatement tachetés, l’alstroemeria a une allure reconnaissable entre toutes. On la surnomme souvent « lis des Incas », même si elle n’a rien d’un lis d’un point de vue botanique. Portrait d’une fleur généreuse, aussi appréciée en bouquet qu’au jardin, et dont l’histoire mêle botanique, amitié et un petit détour par la Suède.

L’essentiel à retenir

  • Originaire d’Amérique du Sud, l’alstroemeria est surnommée « lis des Incas », bien qu’elle n’appartienne pas à la famille des lis.
  • Elle est considérée comme la fleur de l’amitié, chacun de ses six pétales représentant une qualité différente.
  • En vase, elle tient facilement deux semaines avec un entretien simple.
  • Au jardin, c’est une vivace robuste qui demande peu d’entretien une fois installée.

Portrait d’une fleur venue des Andes

L’alstroemeria est originaire des régions montagneuses d’Amérique du Sud, principalement du Chili et du Brésil. Son surnom de « lis des Incas » vient de sa silhouette, qui rappelle celle d’un lis miniature, même si botaniquement elle appartient à une famille différente : les Alstroemeriaceae.

Alstroemerias poussant dans leur milieu d'origine andin

Sa particularité la plus reconnaissable : des tiges légèrement torsadées, qui font tourner les feuilles de manière à ce que leur face inférieure regarde le soleil. Ses pétales, souvent tachetés ou striés de couleurs contrastées, lui donnent un aspect graphique qui la distingue immédiatement des autres fleurs de bouquet.

L’origine de son nom

Le nom « alstroemeria » vient du botaniste suédois Clas Alströmer, ami et élève de Carl von Linné — celui-là même qui a posé les bases de la classification scientifique des espèces. Après un voyage en Amérique du Sud, Alströmer avait rapporté des graines de cette fleur en Suède et les avait confiées à Linné, qui a choisi de baptiser le genre en son honneur. Une jolie manière de transformer une amitié en botanique, pour une fleur qui symbolise justement l’amitié.

Autre précision utile : les alstroemerias vendues aujourd’hui chez le fleuriste sont, dans leur grande majorité, des hybrides complexes issus de croisements entre plusieurs espèces sud-américaines, sélectionnés pour leur couleur, leur tenue ou la taille de leurs fleurs. Il n’existe donc pas une seule « espèce » d’alstroemeria de fleuriste, mais toute une famille de créations horticoles.

Une palette de couleurs très étendue

Blanc, jaune, orange, rose, rouge, mauve : l’alstroemeria couvre une gamme de couleurs impressionnante, des teintes chaleureuses comme le jaune doré ou l’orange vif aux nuances plus pastel comme le saumon ou le rose pâle. Les variétés portent souvent des noms qui donnent une idée de cette diversité — ‘Indian Summer’ pour un orange éclatant, ‘Princess’ pour un rose et blanc plus doux, ou encore des variétés françaises comme ‘Aubance’ (pêche), ‘Layon’ (jaune doré) ou ‘Authion’ (rouge).

La fleur de l’amitié

Dans le langage des fleurs, l’alstroemeria est largement reconnue comme la fleur de l’amitié, symbole de dévotion et de soutien mutuel. Elle représente aussi la persévérance : ses tiges torsadées sont souvent lues comme une image des obstacles que l’on franchit.

  • Ses six pétales représentent chacun une qualité : compréhension, humour, patience, compassion, action et respect
  • Elle symbolise également la prospérité, en plus de l’amitié
  • Contrairement à la rose, elle porte rarement une connotation romantique

Six pétales, six qualités : peu de fleurs résument aussi précisément ce qu’on attend d’une amitié durable.

Gros plan sur les pétales tachetés d'un alstroemeria

Bien l’entretenir en vase

L’alstroemeria fait partie des fleurs coupées les plus généreuses en durée de vie, à condition de respecter quelques gestes simples.

  1. Recoupez les tiges en biais et retirez les feuilles du bas, pour qu’elles ne trempent pas dans l’eau.
  2. Installez les fleurs dans un vase propre, rempli d’eau fraîche additionnée de nourriture pour fleurs coupées si vous en avez.
  3. Évitez le plein soleil, la proximité d’une coupe de fruits ou d’un radiateur.
  4. Retirez les fleurs fanées au fur et à mesure et refaites le niveau d’eau régulièrement.

Bien traitée, une tige d’alstroemeria continue souvent à ouvrir de nouveaux boutons plusieurs jours après l’achat, ce qui prolonge la beauté du bouquet au-delà de sa durée de vie habituelle.

Pourquoi on tire la tige plutôt qu’on ne la coupe

Chez les producteurs et les fleuristes, l’alstroemeria se récolte d’une manière assez inhabituelle : on ne coupe pas la tige au sécateur, on la tire d’un geste sec depuis la base, jusqu’à ce qu’elle se détache proprement du rhizome souterrain. Ce geste, contre-intuitif au premier abord, stimule la plante à produire de nouvelles tiges florales — un peu comme si on l’encourageait à repartir plutôt que de simplement prélever une fleur.

Un point de vigilance à connaître si vous manipulez beaucoup de tiges : leur sève contient une substance susceptible de provoquer une irritation cutanée chez certaines personnes, suffisamment documentée chez les fleuristes pour porter un nom, la « dermatite de l’alstroemeria ». Rien d’alarmant pour un usage ponctuel, mais autant porter des gants si vous en manipulez de grandes quantités, par exemple pour diviser une touffe au jardin.

Un dernier repère utile si vous avez des animaux à la maison : malgré son surnom de « lis des Incas », l’alstroemeria n’a rien à voir avec les vrais lis (genre Lilium) en matière de toxicité. Ces derniers sont extrêmement dangereux pour les chats, pouvant provoquer une insuffisance rénale grave même en cas d’ingestion minime. L’alstroemeria, elle, est généralement considérée comme bien plus sûre — voir notre réponse détaillée en fin d’article.

AlstroemeriaVrai lis (Lilium)
Famille botaniqueAlstroemeriaceaeLiliaceae
OrigineAmérique du Sud (Andes)Hémisphère nord (Asie, Europe, Amérique du Nord)
Toxicité pour les chatsGénéralement considérée comme sûreExtrêmement toxique, même en petite quantité
Tenue en vaseEnviron 2 semainesVariable, souvent 1 à 2 semaines

La cultiver au jardin

Avant même de parler d’entretien, le choix de l’emplacement conditionne beaucoup la réussite de la plantation. L’alstroemeria apprécie un sol bien drainé, riche en matière organique, et une exposition ensoleillée à mi-ombre selon les régions : plein soleil dans les climats plus frais, un peu d’ombre l’après-midi là où les étés sont particulièrement chauds. Plantez les rhizomes à une quinzaine de centimètres de profondeur, en espaçant les touffes d’au moins 30 à 40 centimètres pour leur laisser la place de s’étendre.

Plantée en pleine terre, l’alstroemeria devient une vivace robuste qui demande peu d’attention une fois bien installée. Un arrosage modéré pendant les périodes sèches suffit généralement — l’excès d’eau lui est plus nuisible que le manque. Selon la Société Nationale d’Horticulture de France, sa rusticité reste toutefois moyenne : elle supporte des températures descendant jusqu’à environ -8°C, ce qui suffit dans la plupart des régions françaises mais justifie un paillage hivernal dans les zones aux hivers plus rigoureux.

Alstroemerias cultivées en massif au jardin

Multiplier ses touffes par division

Une fois la touffe bien installée, généralement après deux ou trois ans, elle peut être divisée à la fin de l’hiver ou au début du printemps : on déterre délicatement l’ensemble des rhizomes, on les sépare en plusieurs éclats munis de racines, puis on replante chaque éclat à sa nouvelle place. C’est une manière simple et gratuite de multiplier ses plants, à condition de manipuler les rhizomes avec des gants pour éviter tout contact prolongé avec leur sève.

Favoriser une floraison généreuse

Un apport d’engrais pour plantes fleuries toutes les deux semaines pendant la période de croissance stimule nettement la floraison. Autre geste utile : supprimer chaque jour les fleurs fanées, ce qui encourage la plante à produire de nouveaux boutons plutôt que de mettre son énergie dans la formation de graines.

Une fois bien établie, l’alstroemeria fleurit généreusement de juin à octobre selon les régions et les variétés, ce qui en fait l’une des vivaces les plus généreuses en durée de floraison au jardin. En fin de saison, quand le feuillage jaunit avec l’arrivée des premières fraîcheurs, il suffit de le couper au ras du sol : la plante repartira naturellement au printemps suivant depuis ses rhizomes.

Comme la rose d’Équateur ou l’œillet, l’alstroemeria s’associe facilement à d’autres fleurs choisies à l’unité pour composer un bouquet équilibré et coloré. C’est d’ailleurs l’une des fleurs les plus généreuses qui soient : entre sa longue floraison au jardin et sa bonne tenue en vase, elle donne beaucoup pour très peu d’attention en retour — une qualité qui, avec un peu de recul, résume assez bien ce qu’on attend justement d’une amitié.

Questions fréquentes

L’alstroemeria est-elle un vrai lis ?

Non, malgré son surnom de « lis des Incas », elle appartient à une famille botanique différente, les Alstroemeriaceae.

Combien de temps tient un bouquet d’alstroemerias ?

Bien entretenu, il peut tenir environ deux semaines, avec l’avantage de continuer à ouvrir de nouveaux boutons pendant cette période.

Pourquoi offre-t-on de l’alstroemeria à un ami plutôt qu’à un amoureux ?

Sa symbolique est traditionnellement liée à l’amitié et au soutien mutuel plutôt qu’à l’amour romantique, contrairement à la rose par exemple.

L’alstroemeria pousse-t-elle facilement en France ?

Oui, de nombreuses variétés s’adaptent bien au climat tempéré et forment des vivaces robustes une fois établies au jardin.

Faut-il couper les fleurs fanées d’alstroemeria ?

Oui, en vase comme au jardin, retirer les fleurs fanées encourage la plante à produire de nouveaux boutons.

L’alstroemeria est-elle toxique pour les chats et les chiens ?

Les sources ne s’accordent pas totalement : l’ASPCA la classe comme non toxique, tandis que d’autres organismes signalent de possibles troubles digestifs légers en cas d’ingestion. Par précaution, mieux vaut la tenir hors de portée des animaux, comme pour la plupart des fleurs coupées.

Pourquoi tire-t-on la tige d’alstroemeria au lieu de la couper ?

Ce geste, pratiqué par les producteurs et les fleuristes, stimule le rhizome à produire de nouvelles tiges florales, contrairement à une coupe classique au sécateur.

Peut-on diviser une touffe d’alstroemeria tous les ans ?

Non, mieux vaut attendre que la touffe soit bien installée, en général deux à trois ans après la plantation, pour ne pas affaiblir la plante en la divisant trop tôt ou trop souvent.

Suivre La Maison Coloniale

Recevez nos inspirations chez vous : Tendances déco, artisanat, jardin, rénovation douce et bien plus : abonnez-vous à notre newsletter mensuelle.


À lire aussi

Roses d'Équateur aux boutons généreux et couleurs intenses

Rose Équateur : pourquoi elle est réputée la plus belle des roses

Portrait de la rose Équateur : pourquoi son bouton est si gros, ses couleurs, son lien avec le commerce équitable et comment bien l'entretenir en vase.
Elise
Bouquet d'œillets aux couleurs rose et rouge

L’œillet : variétés, symbolique et entretien

Portrait de l'œillet : ses principales variétés, la symbolique de ses couleurs et comment bien l'entretenir en vase comme au jardin.
Elise